Un mauvais réglage des feux de croisement est l’une des causes fréquentes de défaillance lors du contrôle technique. Des phares mal orientés peuvent réduire considérablement la visibilité du conducteur, mais aussi provoquer l’éblouissement des autres usagers de la route.
Beaucoup d’automobilistes se demandent s’il est possible de vérifier soi-même le réglage de ses phares avant un passage au contrôle technique.
La réponse est oui… à condition de comprendre que cette méthode reste une vérification indicative.
Dans cet article, découvrez comment mesurer la hauteur et la pente du faisceau de vos feux de croisement, comprendre les tolérances généralement admises et éventuellement effectuer un premier réglage.
Peut-on contrôler soi-même le réglage de ses phares ?
Il est possible d’effectuer une vérification à domicile afin d’obtenir une estimation du réglage de vos feux.
Cependant, plusieurs points doivent être rappelés.
Cette méthode :
- nécessite quelques connaissances en bricolage automobile ;
- permet uniquement une mesure approximative ;
- ne remplace pas un contrôle réalisé avec un appareil professionnel homologué.
En effet :
Seul un centre de contrôle technique équipé d’un appareil étalonné et validé par le Ministère des Transports peut fournir une mesure officielle reconnue lors du contrôle technique.
Cette vérification permet surtout d’identifier un défaut important avant votre rendez-vous.
Pourquoi les feux de croisement doivent-ils être orientés vers le bas ?
Tous les véhicules circulant sur route doivent posséder des feux de croisement orientés légèrement vers le bas.
Ce réglage répond à plusieurs objectifs essentiels :
- assurer un éclairage efficace de la chaussée ;
- permettre au conducteur de conserver une bonne visibilité de nuit ;
- éviter l’éblouissement des véhicules circulant en sens inverse.
Un faisceau réglé trop haut peut entraîner :
- une gêne importante pour les autres conducteurs ;
- une anomalie constatée lors du contrôle technique ;
- dans certains cas, une contre-visite.
Conditions indispensables avant de mesurer vos phares
Pour obtenir une mesure cohérente, il est indispensable de respecter certaines conditions.
Le véhicule doit être :
- stationné sur une surface parfaitement plane, sans pente ;
- placé à exactement 5 mètres d’un mur vertical ;
- vidé de toute charge importante dans le coffre ou l’habitacle.
Avant de commencer :
- allumez les feux de croisement ;
- placez le correcteur de hauteur des phares sur la position 0 (position la plus haute).
Ces conditions influencent directement la précision de la mesure.
Matériel nécessaire pour vérifier le réglage des phares
Pour réaliser ce contrôle, prévoyez :
- un mètre pour effectuer les mesures ;
- un outil permettant d’agir sur le réglage des optiques.
Selon le véhicule, il peut s’agir :
- d’une clé 6 pans de 6 mm ;
- d’un tournevis cruciforme ;
- d’un cliquet avec douille de 6 mm.
Le système de réglage varie selon la conception des blocs optiques.
Comment identifier la ligne de coupure du faisceau ?
Une fois les feux allumés, observez la projection lumineuse sur le mur placé devant le véhicule.
Vous devez repérer ce que l’on appelle :
La ligne de coupure
La ligne de coupure correspond à :
la frontière la plus horizontale visible entre la zone éclairée et la zone sombre du faisceau lumineux.
Cette ligne constitue la référence principale pour effectuer le calcul de pente.

Les 3 mesures à relever
Pour calculer l’inclinaison du faisceau lumineux, trois valeurs doivent être mesurées.
H1 : Hauteur de la ligne de coupure
Mesurez la distance entre le sol et la ligne projetée sur le mur.
H2 : Hauteur de l’ampoule
Mesurez la hauteur entre le sol et le centre de l’ampoule concernée.
L : Distance entre le phare et le mur
Mesurez la distance horizontale entre l’optique et le mur.
Dans la majorité des cas :
L = 5 mètres
Calculer la pente des feux de croisement
Une fois les mesures prises, appliquez la formule suivante :
((H1 – H2)/L)x100
Cette formule permet d’obtenir la pente du faisceau lumineux exprimée en pourcentage.
Avec :
- H1 = hauteur de la ligne de coupure ;
- H2 = hauteur de l’ampoule ;
- L = distance entre l’ampoule et le mur.

Exemple concret de calcul
Prenons l’exemple suivant :
- hauteur ampoule : 63 cm
- hauteur ligne de coupure : 58 cm
- distance au mur : 500 cm
Calcul :
((58-63)/500)x100=-1%
Résultat :
Le faisceau descend de 1 %.
Comment interpréter la valeur obtenue ?
L’inclinaison du faisceau doit toujours être orientée vers le bas.
À retenir :
- une valeur négative indique que le faisceau descend ;
- une valeur positive signifie que les phares éclairent vers le haut.
Si la valeur devient positive, le véhicule risque d’éblouir les autres usagers.
Quelles valeurs sont admises lors du contrôle technique ?
Pour connaître la tolérance applicable, il faut également mesurer la hauteur du projecteur.
Le point de mesure dépend du type d’optique.
Pour un phare classique
Mesurer le bas du réflecteur.
Pour un phare avec lentille
Mesurer le bas de la lentille.
Pour un phare LED
Mesurer le module LED situé le plus bas.
Cette hauteur détermine la plage de tolérance.
Tolérance du réglage selon la hauteur du phare
Si la hauteur est inférieure à 80 cm
La pente doit être comprise entre :
-0,5 % et -2,5 %
Si la hauteur est comprise entre 80 cm et 100 cm
La pente doit être comprise entre :
-0,5 % et -3 %
Si la hauteur est comprise entre 100 cm et 120 cm
La pente doit être comprise entre :
-1 % et -3 %
Comment régler les phares si la valeur n’est pas correcte ?
Si la pente mesurée se situe hors tolérance, il est possible d’effectuer un réglage directement sur l’optique.
La plupart des véhicules disposent de vis de réglage permettant :
- de monter le faisceau ;
- de descendre le faisceau.
L’objectif est de rapprocher la valeur mesurée des tolérances généralement admises lors du contrôle technique.
Attention : certains phares possèdent plusieurs réglages
Sur certains véhicules, plusieurs vis de réglage peuvent être présentes.
Par exemple :
- un réglage vertical (haut / bas) ;
- un réglage horizontal (gauche / droite).
Une mauvaise manipulation peut dérégler l’alignement latéral du faisceau.
Il est donc important d’identifier la bonne vis avant toute intervention.
Vérifier ses phares avant le contrôle technique : une bonne habitude
Contrôler soi-même l’orientation de ses feux permet souvent d’éviter une mauvaise surprise lors du contrôle technique.
Cette vérification permet notamment :
- d’anticiper un défaut de réglage ;
- d’effectuer un premier ajustement ;
- de limiter le risque de contre-visite.
Il faut néanmoins rappeler que :
Seul un contrôle réalisé dans un centre agréé avec un appareil homologué permet d’obtenir une valeur officielle reconnue réglementairement.
En résumé
Avant votre contrôle technique, vérifier le réglage de vos feux peut vous éviter un refus.
Retenez :
✓ véhicule sur sol plat
✓ distance de 5 mètres face à un mur
✓ mesure de la ligne de coupure
✓ calcul de la pente du faisceau
✓ comparaison avec les tolérances applicables
Un contrôle simple qui peut faire la différence.
